15 août 2014

Entrée en vigueur du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection : La mise en œuvre d’un plan douteux

Carleton-sur-mer le 15 août 2014: C’est avec consternation que Tache d’huile accueille l’entrée en vigueur du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP). Force est de constater que les critiques et les appréhensions lancées par tant d’organisations, d’expert-e-s et de citoyen-ne-s face à un règlement qui met en danger la qualité de l’eau potable de nombreuses régions du Québec n’ont pas été considérées par le gouvernement.

Permettre le fracturation comporte des dangers connus pour les écosystèmes et les populations qui en dépendent. Soulignons à ce propos que la mise en place du présent règlement a lieu malgré un récent rapport désastreux du département de la protection de l’environnement de la Pensylvanie où plus de 70 communautés ont vu leurs sources d’eau potable contaminées par des exploitations de gaz et de pétrole de schiste (1). Que faudra-t-il de plus aux autorités responsables pour cesser toute activité de forage en Gaspésie et ailleurs au Québec?

Il est déplorable de constater que les paramètres de « sécurité » que contient le RPEP sont en fait les paramètres de la mise en danger des populations de la Gaspésie et de leur environnement. « De vastes territoires d’approvisionnement alimentaire, la chasse et de la pêche sont offerts à une industrie qui ne peut réparer ses dégâts. Bafouer la souveraineté alimentaire d’une population n’est la prérogative d’aucun gouvernement et les impacts négatifs se répercuteront bien après la fin de l’actuel mandat, sur les générations montantes et futures. Les populations concernées n’ont pas été consultées » souligne la porte-parole de Tache d’huile.

Mentionnons de plus que les activités de forage en sol gaspésien génèrent nécessairement d’autres activités dangereuses comme le stockage et le transport des matières fossiles extraites. Sommes-nous déjà en train d’oublier les incidents du Lac-Mégantic et de l’EXXON Valdez? Et que dire des boues de forages qui ont à ce jour été enterrées au dépotoir de Gaspé, assez secrètement et sans plus d’examens, sinon que les plans pour la suite sont encore mystérieux.

La mise en application du RPEP vient également nier toutes les initiatives citoyennes de Gaspésie qui revendiquent des consultations publiques décentes et des études environnementales supplémentaires. Cette permission d’aller de l’avant pour les forages se fait alors que le Bureau d’audiences publiques en environnement(BAPE) chargé d’examiner les forages gaziers dans la vallée du Saint-Laurent n’a pas encore rendu son rapport suite aux études qui ont été réalisées et aux audiences qu’il a tenues. Bref, le tout semble précipité.

Tache d’huile suggère plutôt la mise en place de structures réellement démocratiques et orientées vers la transition collective hors de la dépendance aux combustibles fossiles, qui mise sur la solidarité entre les communautés et la satisfaction des besoins réels de ses habitant-e-s.

Le mouvement Tache d’huile réunit des gens qui ont à cœur le respect des écosystèmes et des communautés de la péninsule Gaspésienne. Solidaire des organisations similaires dans le golfe du Saint-Laurent, aux Îles-de-la-Madeleine et à Anticosti, Tache d’huile informe et mobilise sur le dossier des hydrocarbures en Gaspésie. Conscient des dangers encourus, le mouvement demande la suspension immédiate des travaux relatifs aux hydrocarbures ainsi que des consultations valables sur le développement de cette filière dans la péninsule.

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Porte-parole : Maude Prud’homme : 581-886-3523