2 septembre 2015

L’offensive pétrolière et gazière s’annonce en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent

Carleton-sur-Mer : C’est avec colère que le mouvement Tache d’huile accueille les dernières nouvelles relatives à l’extraction d’hydrocarbures au Québec, notamment celles concernant les projets Bourque, Galt et le secteur de la Mitis.

L’approbation de la construction d’une grande usine de GNL à Bécancour et le Budget 2015-2016 du Québec qui contient des dispositions prévoyant des incitatifs pour développer de nouvelles installations de GNL à travers la province porte déjà son lot de conséquences dans la région. L’investissement supplémentaire par voie de placement privé de 3,8 M$ par le gouvernement du Québec à Pétrolia1, encourage ainsi notamment le projet Bourque, participant à l’élan de l’industrie des hydrocarbures au Québec. Celui-ci embrase aussi secteur de la Mitis où Petrolympic tente d’attirer des investissements2 tout comme Junex au sujet de Galt3 dans leurs récents communiqués vantant les promesses des études récentes de “leurs” gisements.

Non sans rappeler les lignes de communication de Pétrolia, “ Le gouvernement est prêt à s’engager dans le développement de la filière des hydrocarbures en procédant étape par étape et en toute transparence. “ peut-on lire sur le site gouvernemental4. “Cette approche est-elle visionnaire? On peut en douter! Les installations nécessaires à une exploitation éventuelle de ces “gisements potentiels” risquent d’avoir un impact significatif sur les infrastructures et la réalité sociale régionales. Elles sont déjà problématiques notamment au niveau de la gestion des boues de forages et potentiellement de la contamination de l’eau de certain-e-s résident-e-s de Gaspé5 en plus de représenter une menace à l’accès à l’eau potable de façon générale. Bref, un ensemble de questions importantes sont pelletées par en avant alors que les travaux se poursuivent et qu’aucun processus consultatif valable n’a eu lieu concernant les projets extractifs en cause, brimant ainsi les droits et libertés fondamentales des populations concernées. “ s’indigne Nastassia Williams, membre de Tache d’huile et résidente de Gaspé.

Rappelons qu’au mois de mai dernier, la Ville de Gaspé a déposé une demande au Ministre Heurtel pour un BAPE pour le projet Haldimand 4. Cette dernière a tout simplement été rejetée, témoignant de l’importance que le présent gouvernement accorde à la notion de transparence et de respect des communautés6.

L’évaluation environnementale stratégique(ÉES) globale sur les hydrocarbures, devant définir les orientations gouvernementales au regard des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et de sécurité liés au développement des hydrocarbures et à leur transport est toujours en cours. Notons que les nombreuses consultations passées sur les perspectives énergétiques au Québec ont permis d’identifier certaines tendances lourdes dans les volontés populaires, dont celle de miser d’abord sur l’économie d’énergie, avenue non seulement incontournable mais aussi génératrice d’emplois locaux misant sur les connaissances du milieu.7

“Outre les processus de base bafoués, des questions pourtant criantes en cette époque charnière des bouleversements climatiques demeurent sans réponse valable. Par exemple, pourquoi ne pas plutôt investir dans les infrastructures de transition ? Voilà un potentiel que l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) pourrait approfondir au lieu de réaliser une modélisation 3D et la détermination du potentiel réservoir de la Formation de Sayabec…8” demande Maude Prud’homme, porte-parole de Tache d’huile.

“Réfléchissons à la dette environnementale douteuse que nous léguons aux générations montantes et futures dont l’approvisionnement en eau serait menacé. Notons d’ailleurs la mobilisation importante des instances municipales qui, dans un geste politique sans précédent, plus de 250 municipalités du Québec réclament le droit de déroger au règlement provincial sur la protection des sources d’eau potable dans le cadre des forages pétroliers et gaziers9,” ajoute la porte-parole.

Protégeons l’eau potable, prévenons l’irréparable

Tache d’huile réunit des gens qui ont à cœur le respect des écosystèmes et des communautés de la péninsule. Solidaire des organisations similaires dans le golfe du Saint-Laurent, aux Îles-de-la-Madeleine et à Anticosti, Tache d’huile informe et mobilise sur le dossier des hydrocarbures en Gaspésie. Conscient des dangers encourus, le mouvement demande la suspension immédiate des travaux ainsi que des consultations valables sur le développement de cette filière dans la péninsule.

Maude Prud’homme, porte-parole, Tache d’huile : 581-886-3523

Nastassia Williams, membre de Tache d’huile et résidente de Gaspé : 581-887-5061

  1. http://www.lelezard.com/communique-7979892.html

  2. http://www.lelezard.com/communique-7972552.html

  3. http://www.lelezard.com/communique-7966282.html

  4. http://hydrocarbures.gouv.qc.ca/plan-action-hydrocarbures.asp

  5. http://www.graffici.ca/dossiers/methane-haldimand-des-citoyens-veulent-empecher-3746/

  6. http://chau.teleinterrives.com/nouvelle-Regional_EXCLUSIF_Pas_de_BAPE_a_Gaspe-21134

  7. Quelques rapports à ce propos : rapport pour Québec efficace , rapport Maîtriser notre avenir énergétique

  8. http://www.lelezard.com/communique-7972552.html

  9. http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/447245/protection-des-sources-d-eau-potable-250-municipalites-du-quebec-reclament-le-droit-d-y-deroger