21 janvier 2016

Haldimand 4: les opérations de nettoyage portent fruit, mais lesquels?

21 janvier 2016: L’injection récente par Pétrolia de 70 000 litres d’acide chlorhydrique dans le sol dans le cadre de ses travaux de nettoyage de son puits à Haldimand 4 illustre bien les raisons qui nous poussent à demander l’arrêt immédiat des travaux, non seulement à Haldimand, mais partout au Québec.

“La réglementation en vigueur ne semble pas appropriée, mais les travaux vont tout de même de l’avant. La population est inquiète alors que Pétrolia va de l’avant même si il demeure des doutes majeurs en ce qui concerne les impacts probablement irréversibles sur les milieux de vie alors qu’il n’y a toujours aucun processus consultatif valable. On brime les droits et libertés fondamentales des populations concernées, et peut-être pour longtemps.“ rappelle Maude Prud’Homme de Tache d’huile.

Selon Pétrolia, les travaux de nettoyage portent fruit, mais est-ce vraiment les fruits que nous voulons? Des risques pour l’équilibre des milieux de vie et de l’énergie fossile coûteuse? Des infrastructures d’extraction d’hydrocarbures plutôt que des solutions pour s’adapter aux changements climatiques et à la transition énergétique? Des communautés inquiètes de voir leur approvisionnement en eau potable compromis?

Pour Tache d’huile et pour un grand nombre de personnes et d’organisations au Québec, c’est non seulement Haldimand 4, mais tous les projets d’extraction d’hydrocarbures qui doivent cesser. La proximité des maisons dans ce cas est effectivement alarmante mais les risques sont aussi inacceptables dans des milieux non-urbains. Dans le cas des travaux de Junex ou de Marzcorp, ou encore de Pétrolia à Bourque, les enjeux sont essentiellement les mêmes. Prévenir l’irréparable, notamment pour l’eau, les sols et le climat, est essentiel pour s’adapter et pour innover afin de répondre aux besoins des communautés sur le long terme.

Et ce n’est pas qu’un enjeu pour Gaspé, car le projet d’Haldimand 4 n’est qu’un fer de lance de l’industrie. “Combien de forages iraient de l’avant dans toute la péninsule ? Quels impacts sur les autres activités sociales, culturelles et économiques de la région? Aussi, et là on a hâte d’avoir cette réponse, en quoi ces nouveaux forages contribuent à lutter contre les changements climatiques en ce post COP 21 ? Quels bénéfices pour la collectivité car n’oublions pas tous les fonds publics engloutis dans l’aventure?” Les mémoires et l’information rendus disponibles dans le cadre de la critiquée ÉES ont au moins permis de nourrir les réflexions sur ces questions et de pointer la direction à suivre, soit un arrêt immédiat des travaux, et la Ville de Gaspé a raison de souligner l’absence d’une attention particulière à la Gaspésie alors que les chantiers se multiplient. Par ailleurs, quelle est l’urgence de poursuivre quand le pétrole se vend à rabais?

Tache d’huile réunit des gens qui ont à cœur le respect des écosystèmes et des communautés de la péninsule. Solidaire des organisations similaires dans le golfe du Saint-Laurent, aux Îles-de-la-Madeleine et à Anticosti, Tache d’huile informe et mobilise sur le dossier des hydrocarbures en Gaspésie. Conscient des dangers encourus, le mouvement demande la suspension immédiate des travaux ainsi que des consultations valables sur le développement de cette filière dans la péninsule.

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  • Maude Prud’homme, porte-parole de Tache d’huile: 581-886-3523
  • Nastassia Williams, membre de Tache d’huile et résidente de Murdochville: 581-887-5061