16 février 2016

Anticosti: les doléances de Pétrolia ne changent rien à l’affaire

Carleton-sur-Mer, 16 février2016: Suite au plaidoyer de M. Gagnon hier à Québec, Tache d’huile soulève des éléments négligés dans ce dossier. En effet, le dossier d’Anticosti est lié aux projets pétroliers en cours en Gaspésie et ailleurs, financièrement mais aussi logiquement si l’on fait appel à des arguments climatiques ou encore de prévention de contamination.

M. Gagnon plaide les droits des actionnaires, tout en reconnaissant que l’actionnaire principal, c’est Ressources Québec et donc que l’intérêt de toute la population, et ce à long terme, devrait être considéré. De plus, M. Gagnon trouve difficile la sourde oreille du gouvernement. À cela on peut rétorquer que plusieurs questions d’une grande importance sont demeurées sans réponse.

« Question droits, voyons ceux des communautés affectées qui n’ont toujours pas été convenablement consultées ou informées alors que les travaux vont de l’avant dans la péninsule gaspésienne, dont le territoire a déjà été largement octroyé pour l’exploration! (cf. la carte ci-dessous) Assumons notre responsabilité face aux droits des générations montantes et futures vu la situation climatique et l’importance de l’approvisionnement en eau pour la vie humaine ! Le contrat signé avec Pétrolia est loin d’être le seul élément à considérer… et ce même strictement financièrement. » renchérit Maude Prud’homme, porte-parole de Tache d’huile.

carte permis peninsule
Permis d’exploration d’hydrocarbures dans la péninsule gaspésienne

« C’est à l’ensemble de la population du Québec que le gouvernement doit répondre. Pétrolia peut faire ses doléances, mais le défi majeur de notre époque, il est de justice climatique, social et économique. La spéculation liée aux hydrocarbures ne se trouve absolument pas du côté des solutions, et il est à espérer que cela se reflétera dans la prochaine politique énergétique. »

Du côté gouvernemental, bien que Tache d’huile voit d’un bon oeil la fin annoncée des activités liées aux hydrocarbures à Anticosti, on demande beaucoup plus pour atteindre une cohérence. En effet, on se garde bien de parler de la Gaspésie dans toute cette histoire alors que les subventions à cette même industrie, voire à Pétrolia même sont considérables. Du côté de Pétrolia, on compte notamment 3.8 millions en 2015 s’ajoutant à 16 millions en 2012, et cela exclut les investissement directement liés à Anticosti.
Junex, dont on parle moins mais qui compte bien poursuivre ses travaux dans la péninsule, n’est pas en reste avec 5 millions annoncés en juillet dernier ce qui, en supposant l’exercice de tous les Bons de souscriptions, rendait Ressources Québec détenteur de 19,35 % des actions ordinaires.

« Toutes ces largesses financières, sans parler du cadre réglementaire complaisant, incitent à être prudent-e-s quant à l’ampleur du virage vert du gouvernement actuel qui, s’il cherche à établir une cohérence entre ses engagements climatiques et ses gestes concrets, se doit non seulement d’être ferme dans le dossier d’Anticosti mais aussi de revisiter l’appui gouvernemental à cette industrie qui est l’une des plus subventionnées au monde. »

« Sous couvert d’une création d’emplois de plus en plus hypothétique, on met actuellement à risque les sols et les eaux, soit la base de la santé des communautés ainsi que les éléments incontournables d’une économie locale tournée vers une sortie de la dépendance aux hydrocarbures. » rappelle la porte-parole du mouvement gaspésien.

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Pour informations:
Maude Prud’homme, porte-parole: 581-886-3523