8 mars 2016

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La Gaspésie serait-elle une zone sacrifiée?

Gaspésie, 7 mars 2016: Alors que le gouvernement du Québec questionne enfin la pertinence de forer à Anticosti, il semble qu’aucune des raisons environnementales évoquées dans ce dossier ne s’applique en Gaspésie. Le signal est donné à Junex, comme à Petrolia, que les ministères à Québec approuveront leurs demandes. Pourquoi un traitement différent pour la Gaspésie? Parce qu’on commence à se demander… La Gaspésie sera-elle une zone sacrifiée?

Récemment, le Premier Ministre, Philippe Couillard répétait à qui voulait bien l’entendre qu’un « milieu naturel comme Anticosti, c’est une richesse pour le Québec, que moi je veux qu’on transmette à nos enfants et nos petits-enfants ». Il est à se demander ce que la Gaspésie a de si différent pour ne pas valoir la peine d’être préservée pour les populations présentes et les générations futures.

De plus, le premier ministre tonnait qu’il n’a « aucun enthousiasme pour les hydrocarbures […] J’espère qu’il n’y a plus d’ambiguïté sur cette question-là. »

« Nous, on trouve TRÈS ambigu que le gouvernement accorde ensuite un permis à Junex pour aller de l’avant vers des tests de production… d’hydrocarbures, et ouvre la porte à d’autres forages », pointe Nastassia Williams, membre de Tache d’huile.

En plus d’être un parfait exemple du deux poids, deux mesures, le permis est octroyé à Junex alors que: – Il n’y a eu aucune consultation valable des populations affectées. – Après les « consultations » pour l’Étude environnementale stratégique (ÉES) sur les hydrocarbures, il n’y a toujours pas de conclusions. Aussi biaisé soit ce processus, ce serait la moindre des choses d’en attendre les conclusions avant de prendre des décisions. – La nouvelle politique énergétique n’est toujours pas rendue publique. Encore une fois il serait adéquat de boucler ce débat avant de prendre des décisions concernant l’exploitation d’hydrocarbures au Québec… – Les gouvernements se sont engagés à Paris, lors de la Conférence sur le climat, à mettre en oeuvre des mesures afin de viser à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°c d’ici 2100. Afin de respecter ces engagements, les nouvelles sources d’hydrocarbures doivent rester dans le sol et nos énergies collectives doivent s’orienter vers la transition énergétique. – Il est impossible de garantir la pleine sécurité des eaux dans les processus autorisés. Rappelons que les forages en question sont à proximité de la rivière York qui se jette dans la Baie de Gaspé. – Si le retrait d’Anticosti est justifié par des considérations environnementales et l’absence d’intérêt pour des investissements à long terme, on se demande comment Investissement Québec justifie la poursuite de ses partenariats en Gaspésie.

Tache d’huile, comme tant d’organisations, a plusieurs idées d’investissements viables à proposer qui pourraient revitaliser la Gaspésie, sans pour autant risquer ses eaux, polluer son air, ou aggraver les changements climatiques.

« Peut-on investir dans des démarches collectives de transition afin d’assurer l’avenir de la région plutôt que de risquer sa santé pour des hypothétiques milliards qui s’envoleraient en fumée? Certainement! Et il est légitime d’exiger que cette option soit considérée sérieusement avant qu’il ne soit trop tard. » souligne Maude Prud’homme, porte-parole de Tache d’huile.

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Pour informations:

  • Nastassia Williams: 581-887-5061
  • Maude Prudhomme, porte-parole : 581-886-3523